Króniks
+ + + + + Chroniques + Crónicas + + + + +
+ bd + comics +
× Chronique d’une chair grillée de Fabien Bertrand et Aude Massot, éd. Les Enfants Rouges, collection Coquelicot, 2009. C’est un corbeau qui apporte à Louka Zöt son bébé, Klimt, fruit d’une folle nuit passée avec une révolutionnaire recherchée par le Ministère Central. Une sympathique bd d’anticipation, une bonne surprise (car prise un peu au pif à la bibli), avec un bon scénario, et des dessins originaux en bichromie caca d’oie et noir.
× Vacance de Cati Baur, éd. Delcourt 2009. Autre bonne surprise (vive les bibliothèques de la ville de Paris!):l’histoire en couleurs d’une mère de famille qui prétextant d’alller fumer une clope sur le retour des vacances d’hiver vers Paris, abandonne mari et enfant pour vivre la grande vie sur la côte méditerranéenne, aux frais de son compte d’épargne. Un peu glauque donc bien.
× Princesse aime Princesse de Lisa Mandel, collection Bayou éd. Gallimard 2008. Une histoire d’amour mignonne entre deux filles un peu pétées du casque dans un cadre un peu SF (Science Fiction pas San Fransisco!); ça casse pas des briques mais c’est agréable à lire, ne serai-ce que parce que c’est rare les histoires de gouines dans la bd.
× Le journal d’un remplaçant de Martin Vidberg, éd.Delcourt Collection Shampooing (dirigée par Lewis Trondheim), 2007. Tout est dans le titre, un instit remplaçant se retrouve dans une école pour gamins ultra-violents, avec six élèves. Petite réflexion critique sur le taf de d’enseignant, avec dessins façon “monsieur patate”, soutenus par un bon scénar. Je l’avais lu il y a un an ou deux, et je l’ai relu avec plaisir et intérêt.
× Chaînes de Jorge García et Fidel Martínez, paru en 2005 en Espagne et en 2007 en France aux éd. Rackham. Récits de prison de militantes républicaines dans les années 40, torture, peine de mort, viols et mémoire des crimes franquistes, en noir et blanc. La bd se découpe sous forme de chroniques dont le fil n’est pas toujours évident à suivre (je ne sais pas si c’est à cause de la traduction, ou que l’écriture originale est un peu décousue), mais l’atmosphère est prenante, les témoignages durs et intenses.
Cuerda de presas de Jorge García y Fidel Martínez. Testimonios duros e intensos de militantes republicanas, encarceladas en la España franquista de los años 40: tortura, pena de muerte, violaciones, y memoria de los crímenes franquistas en negro y blanco.
× Une tragédie américaine, de Kim Deitch, éd. Denoël Graphic. L’histoire commence aux débuts du cartoon, à l’époque du cinéma muet vers les années 20, et raconte la vie mouvementée de Ted, cartooniste pour la prod des Fables Fontaine, qui met en scène les aventures de Waldo, un chat aux allures de Félix le chat… On suit Ted hanté par Waldo et totalement alcoolo, l’évolution du cartoon, l’évolution de la société americaine au travers de l’industrie du dessin animé, les ambitions personnelles des personnages, les dessous crades du rêve américain. A lire d’urgence!
+ fanzines +
*NOUVELLE CHRONIQUE*
× Sans remède#1. C’est un fanzine dont le numéro 1 est paru en mars 2010, et qui recueille quelques témoignages sur l’enfermement psychiatrique vu de dedans et de dehors, discours personnels sur une société irrémédiablement absurde qui nous protège de ses méfaits en nous abrutissant de médocs… www.sansremede.fr (chronique publiée dans la Choriza #4)
*NOUVELLE CHRONIQUE*
× Siamois#3. Un beau fanzine qui nous vient directement de la capitale du fanzinat s’il en est (Grrre); un A5 à l’italienne qu’on peut lire dans le sens qu’on veut, à la belle couv’ sérigraphiée avec d’un côté des photos des blocs uniformisés qui ont remplacé les squats d’habitation de ces 10 dernières années, de l’autre, les photos de tags qui égayent les piliers du pont du tram qui relie Grenoble et Fontaine. Une démarche graphique intéressante pour étayer un propos politique et personnel sur l’urbanisation galopante de nos espaces, à se procurer donc si vous en avez l’occase! (chronique publiée dans la Choriza #4)
*NOUVELLE CHRONIQUE*
× Timult#3. La bande de Timult revient, avec ses réflexions individuelles sur les collectifs, dans son projet collectif de parler de soi et de nous, toujours bien mis en page, toujours riche de sa diversité de textes, avec un bémol sur certains textes que je trouve un peu difficiles à lire et à comprendre, parfois un peu trop alambiqué… Cependant, le tout reste très intéressant, des textes qui questionnent, ou qui font écho à des cheminement perso; certains textes sont trouvables sur le net, et la revue dans tous les lieux cool. timult (at) riseup.net (chronique publiée dans la Choriza #4)
× Timult #1 et #2. C’est une revue sur laquelle je suis tombée par hasard, dans une librairie militante sur Paris, et là Ô! Bonheur, c’est écrit que par des meufs, et puis c’est vraiment intéressant. Ce qui a attiré mon attention dans un premier temps, c’est le dossier sur les féministes et les radios libres à Berlin-Est au moment de la chute du mur, et puis comme l’appétit vient en mangeant, j’ai dévoré le numéro 1 de Timult, comme ca, d’une traite. Voilà, outre le dossier, ya plein de bons articles personnels et politiques, des beaux dessins, et ya déjà le numéro 2 qui est sorti. J’ai pas encore tout lu, mais ca ne saurait tarder. C’est prix libre sur tables de presse, et 2 euros en librairie (passé à 3 euros pour le numéro 2, eh oui c’est la crise ma bonne dame!) . Zou! (chronique publiée dans la Choriza #3)
× Ragnass #2. Un très beau fanzine avec une belle couv’ toute sérigraphiée avec même du sang de règle pour de vrai, fait par des meufs, pour parler de menstruations, de mooncup, de tout ce qui coule tous les mois ou presque, ou pas, le tout illustré par des textes et des beaux dessins. C’est à prix libre, donc on aurait tort de s’en priver, ca fait tellement plaisir de trouver des productions alternatives de qualité! Et puis Ragnass#2 était sur une distro le soir où y’avait Abats à la Titanique, premier concert organisé dans ce merveilleux squat queer de Montreuil qui promet plein de bonne chose pour cette année. Une question demeure cependant : comment on fait pour trouver Ragnass#1 ? (chronique publiée dans la Choriza #3; ps : le Ragnass #1 est téléchargeable sur leur blog > voir mes liens)
+ livres + libros +
*NUEVA CRÓNICA*
× El Hijo de Dracula de Gianfranco Rolleri, ed. Quimantu, sept 2010
Qué es un cuento? Una historia que se le cuenta a lxs niñxs para darle a conocer lo que les rodea y transmitirles valores? O mas bien, una manera para lxs adultxs de contarle a sus pares lo que observan del mundo desde otro punto de vista, a traves la mirada sencilla mas justa de lxs niñxs? Los cuentos militantes de Rolleri son un poco de los dos; historias simples, directas, crueles y sinceras, cuentos a la frontera entre adultez y niñez, cuentos en los cuales se mezclan militares y vampiros, miedos infantiles y represion politica, personajes novelescos y realidad social… Seis cuentos densos y conmovedores, para engrandecer. (crónica publicada en La Choriza#4)
× Avorter, collectif IVP, éditions Tahin Party, janvier 2009. Ce bouquin retrace l’histoire des luttes pour le droit à l’avortement, la contraception, pour une sexualité libre et une réappropriation de son corps face aux réacs et aux médecins, des années 60 à nos jours, dans la région de Grenoble. Le livre a cela d’intéressant qu’il aborde la question de cette grande bataille féministe à travers des témoignages et depuis une réalité locale, et pas des moindre sachant que les mouvements féministes sur Gre était assez radicaux par rapport à d’autres régions. Et comme les auteures sont des militantes qui pensent à tout en plus de nous faire partager leurs recherches et leur travail, elle nous mettent à dispo le livre, téléchargeable gratos sur le net, et pas cher dans les librairies militantes près de chez vous. Un grand merci! (chronique publiée dans la Choriza #3)
× En catimini, histoire et communiqués des Rote Zora, auto-édition, 2009. Années 70 en RFA, le décor est planté. Les allemand-e-s ont été assez efficaces il y a quelques années pour constituer, en veux-tu en-voilà, des groupes de lutte armée. On connaît la RAF (Fraction Armée Rouge, connue en France comme Bande Baader- Meinhof), et parfois les ”Tupamaros de Berlin-Ouest”, mais on connaît moins les Revoluzionär Zelle (RZ – Cellules Revolutionnaires), ou encore les Rote Zora, une partie des RZ, mais organisées en cellules non mixtes de femmes et de lesbiennes. Bref, En catimini, nous renseigne sur tout ce pan du féminisme radical, autonome, anti-impérialiste, sur la fondation des Rote Zora, leur mode d’organisation, sur les actions politiques qu’elles ont menées, en non-mixité, ou avec les RZ. Comme la plupart des trucs que je chronique, En catimini est dispo gratos sur le net, et à 4 euros en librairie militante; le livre est vraiment beau, et puisqu’il est pas cher, ce serait dommage de se flinguer les yeux à le lire sur un écran d’ordi! (chronique publiée dans la Choriza #3)
¡La Resitencia es posible! entrevista de las Rote Zora. Eran unas Zorras Rojas Alemanas, también eran grupos no mixtos de lucha armada y de acción lésbica-feminista radical partes del movimiento de la Células Revolucionarias (Revoluzionär Zelle) desde los años 70 hasta el fin de los 80. (Historia de las Rote Zora en linea)
× Je tremble ô Matador (Tengo miedo torero) de Pedro Lemebel. En septembre 1986, en pleine dictature au Chili, le Frente Patriotico Manuel Rodriguez commettait un attentat contre Pinochet. Comme on sait le bonhomme y a survécu (il a fallu attendre un peu plus de temps pour le voir caner tranquillement dans son lit), mais c’est sur ce fond de dictature, de lutte armée et de printemps chilien que Lemebel, écrivain communiste engagé et tapette revendiquée, nous raconte l’histoire d’amour platonique entre une vieille pédale prolétaire (la Folle d’En Face – la Loca del Frente, en espagnol) et un jeune guérillero du Frente. Ce livre est malheureusement le seul de Lemebel traduit en francais, auteur qui vaut vraiment le détour, entre autres pour ses chroniques politiques et colorées de lumpenpédé. J’ai lu Je tremble ô matador en francais, puis relu en espagnol parce que c’est un bonheur absolu, de se plonger dans le coeur de cette folle éperdue, qui vit ses rêves malgré les militaires et qui balance à la gueule de ceux qui croient que la guérilla c’est pas un truc de pédé, que l’on peut être un-e enculé-e et révolutionnaire! (chronique publiée dans la Choriza #3)







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